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Jean Farret abattu par Safir Bghioua

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French Lives Matter

Résumé

2 septembre 2001

Victime(s) : Jean Farret
Auteur(s) : Safir Bghioua

Jean Farret abattu par Safir Bghioua à Béziers le 2 septembre 2001.

Circonstances

Dix jours avant les attentats du 11 septembre 2001 le kamikaze marocain, délinquant multirécidiviste de 25 ans, « ne supportait pas l’injustice de la société, de la police, le racisme ». Après un périple de violence dans les rues de Béziers, il finit par abattre Jean Farret, 72 ans.

Ce 1er septembre fut comme un coup de semonce meurtrier, tiré par ce jeune homme de la Devèze, lié aux milieux islamistes et mû par le goût du jihad et du martyr. « Je jure aujourd’hui le 1er septembre d’aller me sacrifier pour Dieu si rien ne m’en empêche ». Il fera une victime, Jean Farret. Safir Bghioua, 25 ans, élevé dans une famille nombreuse d’origine marocaine, l’a choisi délibérément, quelques heures plus tôt. Ses proches ne l’ont compris qu’après. Car Safir n’est pas du genre à se confier.

Depuis plusieurs années, il mène une vie solitaire, et cache même à sa mère et à ses sœurs l’adresse de son petit studio, cours Gambetta. Malgré de bons résultats scolaires, il avait laissé tomber le lycée pour vivre, comme bien des ados de la ville, du vol de voiture et du deal de shit. Cela l’avait conduit plusieurs fois en prison, pour de courtes peines. Ses échecs s’accumulent. Son amertume grandit.

« Il ne supportait pas l’injustice. Celle de la société, celle de la police, le racisme », raconte sa sœur aînée. Le petit voyou prend un virage. Découvre l’islam radical. « Pendant la guerre du Golfe, il collectionnait les articles. » Irak, Palestine, Kosovo, Tchétchénie : les points chauds d’un monde en crise. Des braises sur lesquels soufflent certains, comme cet Oussama Ben Laden dont il a le portrait dans sa chambre.

La Devèze, samedi soir, 23h30. Les potes de Safir sifflent des bières, rue d’Alger. Il surgit de sa Mégane, un bandeau blanc au front, des cartouchières autour du torse. Prend une Kalachnikov dans le coffre. File un coup de crosse à la tête d’un jeune : « Tes frères palestiniens crèvent, et toi tu bois de l’alcool ? » Panique, tout le monde cavale. Safir tire en l’air de longues rafales. « Je vais les niquer ! Allahou Akbar ! »

Dans l’immeuble d’en face, majoritairement occupé par des gitans, c’est l’effervescence. On sort les fusils, on appelle la police. Arrivent deux voitures qui foncent vers l’immeuble. Safir est en embuscade, lance-roquettes à l’épaule. Feu. Miracle : le projectile n’explose pas. Mais l’impact est terrible : la 306 break des policiers recule d’une vingtaine de mètres, s’écrase sur une borne en béton. Aucun des quatre policiers qui s’y trouvent n’est blessé. Safir recharge, un brigadier ouvre le feu, le jeune homme recule jusqu’à sa voiture, qui, conduite par un complice, démarre en trombe sous les balles.

Un quart d’heure plus tard, une voiture explose devant le commissariat de Béziers. Au milieu de la rue, fusil d’assaut en main, Safir défouraille sur la façade, puis disparaît, à court de munition. Dans la nuit, deux automobilistes sont tour à tour attaqués par Safir, l’arme au poing, qui leur vole leur véhicule. Était-il seul ? Ce point ne sera jamais vraiment éclairci. À partir de 4 heures du matin, Safir appelle plusieurs fois le commissariat. « Je vais donner l’assaut au commissariat, je vais tuer du flic ! » « Vous m’avez humilié, vous allez payer ! » « Je suis un soldat de Dieu, un guerrier d’Allah, j’ai été en Tchétchénie, je suis un combattant, j’ai fait des guerres à l’étranger ! » « Envoyez-moi le Raid, je veux finir en beauté ! »

Il est presque 8 heures, la nuit s’achève. Jean Farret, 72 ans, le chef de cabinet du maire de Béziers quitte le commissariat en état de siège pour rentrer chez lui, et s’arrête faire le plein. Sur sa voiture de fonction, cet ancien légionnaire a un gyrophare. Une proie pour Safir, qui veut « tuer du flic ». Le septuagénaire est abattu, à l’arme lourde. Safir rappelle le commissariat. Exige un rendez-vous pour un affrontement. Ce sera au Parc des expositions, qui offre une zone dégagée, à l’écart du centre-ville. Les tireurs d’élite du GIPN y sont en position, sur les toits des hangars. À 10h30, Safir arrive, kalachnikov en bandoulière, lance-roquettes à la main, qu’il pointe vers les policiers.

Il meurt sous leurs balles, comme il semblait le souhaiter. « C’est l’acte irrationnel d’un fou meurtrier », déclare le ministre de l’Intérieur socialiste, Daniel Vaillant. Dix jours plus tard, des avions fracassent sous les yeux du monde entier l’un des symboles des États-Unis.

Sources